L’ignorance du mode de vie révélé éteint la vigilance
et
conduit à la perte du Capital
L’ignorance dont il est question ici ne se limite pas à l’ignorance des sciences expérimentales — telles que les sciences de la nature, de la santé, de la technique, de l’économie ou de la politique — qui sont utiles et nécessaires à la vie humaine.
L’ignorance la plus grave est d’un autre ordre.
Elle consiste à ignorer l’objectif de la vie et le mode de vie révélé qui indique comment utiliser les moyens confiés à l’être humain pour atteindre cette finalité.
Le danger apparaît lorsque cette ignorance s’installe intérieurement sans que l’être humain ne s’en rende compte.
Il continue alors à vivre, à agir et à avancer, tout en restant déconnecté du mode de vie que le Créateur a révélé et de la finalité pour laquelle il a été créé.
Il est ainsi possible de posséder de nombreux savoirs, de développer des compétences et même de réussir dans plusieurs domaines, tout en demeurant ignorant de l’essentiel, notamment :
– de la gravité de ce qui attend l’être humain après sa mort,
– et des moyens révélés permettant de s’y préparer.
Lorsque cet essentiel est ignoré, même les connaissances scientifiques, économiques ou
politiques cessent d’orienter vers le but réel de l’existence et peuvent, au contraire, en détourner.
En ignorant l’objectif de la vie et en se détournant du mode de vie révélé, l’existence de l’individu est peu à peu conduite par les passions,
les désirs,
les habitudes,
la recherche excessive du confort,
les suggestions de Satan ( parmi les djinns comme parmi les hommes )
ainsi que par les pressions de l’environnement et des fréquentations.
Pour satisfaire ces influences, l’être humain engage alors le capital qui lui a été confié ( le temps, la santé, le cœur, la raison et les biens ) non pas selon leur finalité, mais au service de ce qui l’éloigne progressivement de son Créateur.
Résultat, en dilapidant ainsi ce capital précieux, il s’expose à la plus grande perte que l’être humain puisse connaître : la perte de l’objectif de la vie et de l’agrément de son Créateur.
Comme le dit le Coran : « Voilà la perte manifeste »
À l’inverse, la connaissance claire de l’objectif de la vie et la mise en pratique sincère du mode de vie révélé ravivent la vigilance, redonnent des repères stables et protègent le dépôt de la dispersion.
Elles permettent de réorienter le temps, les capacités et les moyens vers leur juste finalité, et d’engager l’existence dans une recherche consciente, constante et prioritaire de l’agrément du Créateur,
comme le Coran le dit : « C’est là la réussite suprême »
La connaissance : bien plus qu’un ensemble de règles
Face au danger de l’ignorance, une seule issue demeure : une demande intérieure authentique adressée directement au Créateur.
Il ne s’agit pas d’une parole destinée à être entendue des hommes, ni d’un discours construit pour paraître juste.
Il s’agit d’un appel sincère, parfois silencieux, qui naît lorsque l’être humain reconnaît son besoin réel de lumière et de guidance.
Cette demande n’a besoin d’aucun intermédiaire.
Le Créateur entend ce qui ne se dit pas, connaît ce qui se cache derrière les mots et sait ce que l’intérieur murmure.
Il est d’une proximité absolue avec l’être humain : Il connaît ce que les poitrines renferment et est plus proche de lui que sa propre moelle épinière.
De cette relation directe naît une orientation claire :
vouloir sortir des ténèbres vers la lumière,
vouloir comprendre l’objectif de la vie,
vouloir être guidé dans l’usage du temps, des capacités, des moyens et du cœur,
vouloir être protégé de ce qui égare et fait perdre le dépôt confié.
Mais cette demande sincère appelle une réponse concrète : la connaissance.
La connaissance ne se limite pas à savoir quoi faire ou comment pratiquer.
Elle consiste aussi à comprendre la réalité de ce monde, sa nature provisoire, sa valeur réelle et sa finalité.
Le Créateur décrit la vie d’ici-bas comme un jeu, une distraction, une parure passagère et une course éphémère vers l’accumulation, comparable à une végétation qui émerveille puis se fane avant de disparaître.
Ce rappel n’invite pas au rejet du monde, mais à sa juste lecture.
Celui qui ignore cette réalité risque de prendre le provisoire pour le permanent, l’illusoire pour le réel et le moyen pour la finalité.
Il s’attache alors à ce qui n’a été donné que pour être utilisé.
Le Prophète, paix et bénédictions sur lui, a rappelé la faible valeur réelle de ce monde auprès du Créateur afin que l’être humain ne l’absolutise pas.
Cela ne signifie pas que le monde est inutile, mais qu’il n’est ni un but ultime ni une chose digne d’être adorée.
Sa valeur réside uniquement dans la manière dont il est utilisé pour préparer ce qui vient après.
Une obligation qui protège le dépôt
C’est pour cette raison que la recherche de la connaissance est une obligation.
Non pour accumuler des informations, mais pour préserver la foi, la vigilance et la direction.
La connaissance éclaire le cœur,
ravive la vigilance,
protège le dépôt,
et redonne au monde sa juste place.
Elle permet de vivre dans ce monde sans s’y perdre,
d’utiliser ce qui a été confié sans le gaspiller,
et d’investir le dépôt pour ce pour quoi il a été donné :
la préparation consciente au retour vers le Créateur.
Conclusion
L’ignorance n’empêche pas seulement l’être humain de comprendre le sens de son existence ;
elle l’empêche aussi d’acquérir la connaissance nécessaire pour orienter sa vie vers sa finalité.
Privé de cette connaissance, il devient incapable d’investir le dépôt confié — temps, capacités, raison, cœur et moyens — selon ce pour quoi il est destiné.
Les influences perturbatrices prennent alors le dessus, et l’existence se disperse ici-bas comme dans l’Au-delà.
À l’inverse, lorsque la connaissance éclaire l’objectif de la vie, elle fait naître une volonté droite, oriente l’action et permet d’utiliser le dépôt conformément à ce que le Créateur a voulu.
Cette connaissance est un chemin.
Et lorsque la finalité devient claire, un besoin s’impose naturellement :
celui d’une connaissance qui guide réellement sur le droit chemin.